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Mereo a 20 ans !!

Crédit photo : iStockphoto.com/juliannafunk

Vous le savez sûrement, cette année mereo a 20 ans. Nous espérions organiser une petite fête avec vous, mais malheureusement le Covid a eu raison de notre projet. Ne vous inquiétez pas, ce n’est que partie remise !

Pour vous faire patienter nous avons interviewé nos 4 fondateurs : Abraham, Christophe, Karim et Luc. Mais aussi notre nouveau PDG, Julien, qui lui aussi a été une sorte de stagiaire fondateur.

Qu'est-ce que ça vous fait de savoir que Mereo a 20 ans ?

Abraham (Co-fondateur et ancien CEO) : Je me dis que nous avons une sacré résilience. De bonnes relations avec nos clients. Et que nous avons créé un écosystème relationnel et décisionnel qui soutient cette résilience. 

Karim (Co-fondateur et ancien Directeur Conseil) : Personnellement, la sensation d’avoir vieilli ! Je vais utiliser le cliché éculé : “j’ai l’impression que c’était hier”. Je me souviens d’avoir déposé – physiquement – les statuts au greffe du Tribunal de commerce, d’avoir documenté des specs dans le salon de l’appartement d’Abraham, avant la rue d’Hauteville… En tous les cas, quand nous avons commencé mereo, j’étais le jeune con… et maintenant je suis le vieux bourgeois ! 
Mais sinon, une grande fierté d’avoir fait partie des débuts de cette aventure, et d’une “famille” d’ex-employés et d’ex-stagiaires qui ont souvent fait de belles choses dans l’entrepreneuriat ou ailleurs.

Luc Sarramégna (Co-fondateur et ancien CTO): Mereo a 20 ans ! En premier lieu, je tiens à nier toute responsabilité pour ce qui s’est passé après mon départ. Donc bravo à tous ceux qui ont continué l’aventure. Ils peuvent être fiers de leur travail. 
A titre personnel, Mereo c’est une très belle aventure. Il faut remercier et féliciter Abraham et l’équipe qui ont convaincu Lagardère d’acheter et de payer en avance un produit qui n’existait pas encore (si ce n’est dans leurs cerveaux fertiles). On est parti d’une page blanche. Plus blanc que blanc pour JCDecaux puisque nous avons inventé le  “yield mangement” de l’affichage extérieur ! Et puis l’architecture logicielle qui reste pour moi une sacré belle réussite. 
N’ayons pas peur de le dire, tout cela n’était pas un fleuve tranquille, des têtus il y en avait dans l’équipe et moi-même en premier. Merci à tous ceux qui ont travaillé avec moi à Mereo pour m’avoir permis de vivre tout cela et encore bravo à ceux qui poursuivent l’aventure !

Christophe (Co-fondateur, ancien CTO, et encore salarié de mereo !) : Ça me fait vraiment plaisir ! 

Julien (Stagiaire, puis développeur, puis directeur technique et désormais PDG) : C’est extraordinaire ! En considérant les turbulences inévitables et le turnover des ressources, qu’une petite structure comme mereo ait réussi à fidéliser des clients sur cette durée est une réussite.
Je mesure la chance d’avoir débuté et appris aux côtés de personnes brillantes et de valeur, en témoignent les belles carrières ultérieures des uns et des autres.

Pouvez-vous nous partager une anecdote (drôle) ou un souvenir marquant ?

Abraham : On avait convaincu des investisseurs qui nous avaient donné leur feu vert pour une augmentation de capital de 300 000 €. Le truc c’est que cet investissement était devenu indispensable pour couvrir nos coûts. Au moment de signer, le principal investisseur m’explique que compte tenu des clauses d’exclusivité dans nos contrats avec Lagardère et JCDecaux, il n’allait pas pouvoir “agir”. Je devais comprendre qu’il n’allait pas pouvoir investir dans mereo. En gros, nos semaines étaient comptées. 
Après une nuit presque blanche, je lui pose la question suivante : Si nos clients sont d’accord de supprimer ces clauses, serait-il d’accord pour investir ?
Il me répond qu’il verrait mais qu’il ne croyait pas que nos clients seraient prêts à le faire vu qu’ils ne gagneraient rien à supprimer ces clauses. 
Vous imaginez la suite… 

KarimTrop difficile de choisir… outre le fait que mereo a failli s’appeler Adapa (!), je dirais que j’ai été marqué par la manière avec laquelle Abraham a recruté l’une des premières stagiaires, en l’invitant à un brunch (un concept moins courant à Paris en 2001). Elle a complètement halluciné. Depuis j’essaye vainement de copier le style “ATO”. Du moins sur le fond et les arguments, moins sur les pulls Louis Vuitton troués.
Sinon : les ordinateurs que Luc avaient tous baptisés d’un nom de danse, avec le fameux serveur “Disco” ; les dégustations de thé après nos passages réguliers dans la boutique Lanni rue du Faubourg Saint-Denis ; le restaurant mauricien rue Mazagran (le quartier n’était pas un repaire de hipsters à l’époque) et sa phrase culte “avec piment ?” ; le fameux écriteau “ne pas effacer” accroché au whiteboard après un brainstorm plus ou moins productif ; faire une réunion avec 2 DJs radio anglais parce que de toute évidence il y avait eu une incompréhension sur la nature de la réunion ; se trimbaler avec deux méga-écrans pour faire des démos à travers l’Europe ; les virées depuis le 10ème jusque Neuilly, chez JCDecaux, à vélo avec Abraham (c’est un  miracle qu’il soit encore vivant…), etc.
Histoire bonus : le mur devant lequel j’écris ce mail, chez moi, a la même couleur “vert  foncé anglais / studio green” que celle d’une des salles rue d’Hauteville, vieille époque. Je dois être plus marqué que ce que je pensais.

Luc : Adapa avait été proposé comme nom parce qu’il s’agit d’un mathématicien mais Lagardère avait fait remarquer qu’il y avait une association d’aide aux personnes âgées qui s’appelait comme ça. Le brainstorming avait finalement sélectionné Me(dia)Re(venu)O(ptimisation) ! Ce n’est que plus tard qu’un jeune embauché nous a fait remarquer que c’était aussi le verbe latin mereo.

Abraham : Il nous avait expliqué que mereo voulait dire je mérite (ce qui est plutôt cohérent avec le principe de l’optimisation).  Au même titre que volvo veut dire je roule. On s’était dit qu’on avait bien de la chance que mereo ne veuille pas dire je …

Christophe : La première traduction trouvée était exactement “mériter, gagner de l’argent”. Encore incroyable quand j’y repense.

Luc : Sinon je suis arrivé en retard mon premier jour, le mardi au lieu du lundi 17 juillet 2000 car ma femme a accouché de notre premier garçon Nil ! 
Ou encore l’enchaînement de 78h de développement pour livrer dans les temps un module tant attendu par un client. Je suis sûr qu’il n’en reste plus une ligne de code !
Et puis je me souviens des grandes tables en bois massif que souhaitait Abraham et qui ont coûté une fortune et bien sûr la sélection des peintures pour les bureaux.

Christophe : Moi j’ai pas mal de moments qui me reviennent :
Un week-end de séminaire avec Abraham et un troisième larron, je ne sais plus trop où, ni quand (97 ?) lors duquel nous avons été initiés au RM entre 15 parties de poker.
La récupération de données chez l’un de nos futurs clients, bien avant que mereo n’existe (98 ?). On est sorti de là avec Abraham en ayant l’impression d’avoir réussi un braquage.
Le premier bouton “OK” sur l’interface utilisateur … après 6 mois de dev.
Le premier calendrier présenté à JCDecaux – qui ressemblait à quelque chose, probablement après une nuit blanche de développement.

Julien : Je retiens mon entretien pour postuler en tant que stagiaire… Je me retrouve dans les locaux de la rue d’Hauteville et leur fameuse couleur verdâtre avec Abraham et Luc en mode good & bad cop. Sur ce, l’assistant de gestion de l’époque (Michel je crois), nous apporte du thé et me le renverse dessus. Là, je me suis dit, juste pour un stage de fin d’études, ça peut passer… Sinon, en vrac :
Luc appelant un client et lui disant “Ecoute mon lapin…”
Nous étions (Ô surprise) en retard pour les premières livraisons Pierre & Vacances et c’était presqu’eux qui devaient rassurer Karim et que ce n’était pas trop grave…
Les toutes premières années, je venais travailler des samedis matins pour pouvoir prendre des weekends prolongés en compensation et rentrer en Charente-Maritime. Abraham passait aussi bosser à mereo ces jours là (comme les dimanches je crois) ; ça me permettait de croiser le grand patron tranquillement et je voyais l’investissement nécessaire pour démarrer cette boîte.
Les matchs de foot fonctionnels vs. développeurs avec parfois des bons gros tacles en retard (je ne donnerai pas de nom) ; j’ai encore mon maillot avec logo mereo !
Les quelques soirées de fin d’année dans l’appartement d’Abraham avec les conjoints qui renforçaient les liens entre nous.

Et Mereo dans 20 ans ça sera quoi ?

Christophe : Ouch ! Aucune idée, pour le coup. 

Luc : Mereo dans 20 ans aucune idée, le futur est entre les mains de l’équipe actuelle !

Karim : Autre chose, peut-être plus proche de l’univers de l’IA… mais il y a des chances non négligeables que Julien soit encore là, non  ?

Julien : C’est plus facile de se rappeler du passé que d’envisager le futur… Sur la nature, une boîte encore à l’échelle humaine, dirigée et détenue majoritairement par les salariés ?

Abraham : Une organisation qui pourra montrer l’exemple sur les plans de la gouvernance et de la résilience. Et qui saura montrer qu’en donnant le pouvoir et la responsabilité à chaque membre de l’organisation, il exprime son plein potentiel.

Les photos bonus : 2001 vs 2021